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LE PHONÉTHON

Phonéthon 2021 : Nourrir une population en situation de grande précarité

Le Phonéthon 2021 se déroulera cette année du 18 au 21 novembre prochain dans un contexte exceptionnel.
Cette année, le Phonéthon aura le triple objectif d’améliorer la situation précaire des Arméniens du Syunik, du Tavush et de l’Artsakh. Depuis la fin de la la guerre de l’hiver dernier, la situation reste instable aux frontières etles paysans de ces régions en subissent quotidiennement les conséquences(tirs de snipers, champs incendiés, troupeaux volés…). Pour l’ensemble des habitants les problématiques sont les mêmes : se nourrir et avoir des revenus.
Afin de répondre à cette situation d’urgence, le Fonds Arménien de France a décidé d’axer cette nouvelle édition du Phonéthon sur l’aide au développement de l’agriculture en l’adaptant à chaque région : au Syunik, donner les moyens de survivre malgré la pression exercée par les Azéris à l’Est et à l’Ouest de cette région prise en étau ; au Tavush, pérenniser le développement de l’économie locale ; en Artsakh, entreprendre la reconstruction de ce territoire meurtri et fournir des moyens de subsistances aux familles relogées.
Enfin, comme chaque année, une aide sera reconduite pour les Arméniens de Syrie et du Liban, eux aussi en situation de grande précarité.

Objectifs du Phonéthon 2021
Aides prévues dans le Syunik et en Artsakh

150 serres : 375 000 € (Soit 2 500 €/Serre)
750 ruches : 60 000 € (Soit 80 €/Ruche)
100 000 Arbres fruitiers : 200 000 € (Soit 2 €/Plant d’arbre)
500 T de semences : 225 000 € (Soit 0,45 €/Kg)
100 motoculteurs : 100 000 € (Soit 1 000 €/Motoculteur)
10 000 poules : 70 000 € (Soit 7 €/Poule)
10 fermes de poussins : 100 000 € (Soit 10 000 €/Ferme)

Dans ce cadre, n’attendez pas que l’on vous appelle, effectuez dès à présent votre don.

Accompagner les familles réinstallées

L’un des objectifs du Phonéthon 2021 est d’accompagner la réinstallation des réfugiés retournés en masse en Artsakh.
Alors que le Fonds arménien mondial Hayastan s’est donné comme objectif de reloger toutes les familles déplacées, le Fonds Arménien de France va les soutenir dans la création de petites exploitations agricoles.

Ainsi, cette année encore, les objectifs du Phonéthon et ceux du Téléthon seront complémentaires.

AIvanyan, dans la région d’Askeran, le Fonds arménien mondial Hayastan, a planifié la construction de quartiers résidentiels dotés de 180 appartements destinés aux déplacés de Mets Tagher.

En outre, 280 maisons individuellesdans la même région, sont programméespour les réfugiés des villages d’Ughtasar,de Sghnagh, de Djraghatsner, de Moghshmahat,de Madatashen et de Nor Verin Shen. En juillet,la construction de 90 d’entre elles était réalisée.Le projet final sera achevé en 2022.En plus d’un logement, chaque familledisposera de 500 et 1 000 m2 de terre, à exploiter.

Il a été convenu que c’est dans ce cadre que s’opérera la complémentarité avec le Fonds Arménien de France. « Ce petit terrain permettra d’avoir un potager, une serre, des arbres fruitiers, des poules, des lapins… ».

Egalement, dans chaque village où seront construites des maisons individuelles, le Fonds Arménien de France prendra le relais en matière agricole. Pour Souren Kevorkian,le directeur du Fonds Arménien de France :« Même si beaucoup de territoires sont perdus,il reste des terres arables dans les plaines et les alpages ». Après avoir rencontré les autorités de l’Artsakh, il s’avère que « les besoins sont énormes et il va falloir repenser le système d’agriculture ». Comme au Syunik : « Les demandes des habitants concernent des semences de blé, d’orge, de maïs, plants d’arbres fruitiers, serres… ». Pour exemple, « une serre d’environ 100 m2 pour une famille lui permet4 mois de salaire moyen. Tomates, concombres,poivrons, aubergines, herbes culinaires, sont produites en 3 mois. Les agriculteurs demandent aussi des motoculteurs (1000 €/pièce) très pratiques pour désherber, labourer, ensemencer ». Ces perspectives, même si le problème de l’eau(potable et d’irrigation) reste toujours problématique,sont des encouragements prometteurs pour les Askhariotes. « Ils ne se plaignent pas.C’est leur territoire. Les projets leur donnent de l’espoir, l’appui psychologique et matériel de la diaspora est énorme pour eux ».
Asmik Kévorkian

Un programme qui s’inscrit dans la durée

En 13 ans, à travers la fondation Himna Tavush, le Fonds Arménien de France en partenariat avec le Conseil départemental des Haut-de-Seine, a assuré le développement du programme agropastoral au Tavush : construction de canaux d’irrigation, création d’une ferme pilote, d’une fromagerie, de coopératives, de bases agricoles; distribution de milliers de plants d’arbres, de tonnes de semences… Aujourd’hui le programme se poursuit avec plusieurs opérations qui bénéficient, d’ores et déjà, d’une collaboration efficace entre la fondation, la Région et les éleveurs.

Souren Kevorkian, directeur du Fonds Arménien de France se réjouit : « Une dynamique s’est enclenchée au Tavush, cette année ». Plusieurs acteurs ont mené des actions conjointes qui seront bénéfiques à tous : « C’est une belle mutualisation des moyens, des structures et des hommes qui s’est opérée », commente–t-il.

LA COLLECTE DE FOIN DANS LES ALPAGES

Trois tracteurs neufs (20 000 €/pièce) et du matériel de fenaison (presses à balles de foin, faux, râteaux…), achetés à des agriculteurs français, ont complété les équipements existants. Ils ont permis pour la première fois, une opération de collecte de foin de grande envergure menée conjointement par le Fonds Arménien de France et une quarantaine d’éleveurs de la région sur les alpages (1 600 à1 900 mètres d’altitude) de juin à septembre. Le rapport de mission d’Eric Bodimat(1), sur place cet été, note que « l’importante collecte degraminées et de fourrage de montagne assurera l’amélioration de la ration aux animaux de la ferme de Lusadzor cet hiver ».

LA DISTRIBUTION D’ARBRES FRUITIERS

En 2020, afin d’encourager la production locale, le Fonds Arménien de France avait distribué des plants d’arbres fruitiers aux agriculteurs dans 17 villages de la région. Cette opération a connu un grand succès. Aussi, cette année, elle s’est répétée : « 30 000 plants d’arbres fruitiers (pommiers, cerisiers, figuiers, kakis, poiriers….), ont été distribués aux familles les plus démunies, à raison de 5 plants par famille(coût d’un plant : 2 €). Ils ont aussi été donnésà des agriculteurs qui avaient besoin de fruits pour leur consommation et s’assurer un revenu complémentaire. En outre, pour ceux qui possèdent un terrain de 500 à 1 000 m2,l’idée est de réaliser des vergers », précise Souren Kévorkian. Les récoltes produiront des fruits dont la commercialisation est assurée, étant donné la demande importante de fruits sur le marché national.

L’ACQUISITION D’OVINS VENUS DE FRANCE

En 2019, l’ADEPTA(2) a organisé des rencontres entre Michel Pazoumian, vice-président du Fonds Arménien de France, Souren Kevorkianet des éleveurs afin de déterminer la race de moutons la mieux adaptée à l’Arménie. Accompagnés de leurs partenaires arméniens, Karen Karapetyan (économiste, développeur) et Tigrane Chitchyan (vétérinaire, professeur à l’institut d’agronomie d’Erevan) en liaison avec le vice-ministre de l’Agriculture d’Arménie,ils ont choisi la race blanche du Massif Central.

En mars 2021, 77 moutons ont été achetés et envoyés par la route en direction de la ferme de Lusadzor. Cette race à viande permet la diversification de l’élevage (jusqu’ici axé sur les bovins). La commercialisation de moutons est assurée grâce, notamment, à une forte demande du marché iranien.

LA TRANSHUMANCE, UNE PREMIÈRE

Courant mai, pour la première fois, plus de 50 génisses de la ferme ont été menées dans les alpages et ce pour une période de 6 mois.

LA CULTURE DU MAÏS

Afin de réduire le budget consacré à l’alimentation du bétail de la ferme de Lusadzor, 15 ha de terrains loués à Markara ont été semés de maïs. L’exploitation est assurée par des réfugiés d’Artsakh, soient 7 hommes du Kashatagh qui ont été recrutés pour l’occasion (dont un agronome,un pépiniériste, un agriculteur…). « Ils ont tout perdu et se sont retrouvés en Arménie, sans aucun espoir de retourner dans leur région. Agriculteurs depuis des générations, ces réfugiés possèdent un savoir-faire et des compétences extrêmement profitables en matière agricole », commente Souren Kévorkian. Dans le même temps, 3 ha de terres ont été louées dans la plaine d’Ararat afin qu’ils les exploitent en plantant des pommiers, des poiriers et des kakis. Une belle façon de saluer leur courage et leur détermination !

Enrayer l’exode des habitants du Tavush demeure une préoccupation constante du Fonds Arménien de France. Cette année, le Phonéthon 2021 aura pour objectif : la poursuite à grande échelle de la distribution des plants d’arbres fruitiers avec la perspective de créer de grands vergers, l’amélioration de la nourriture du bétail par la fauche dans les alpages et la plantation de maïs, le développement d’un élevage ovin et l’intégration des familles de réfugiés du Kashatagh.

Soutenir le Phonéthon c’est aussi aider toute une région.
Marie-Anne Thil

(1) Exploitant agricole spécialisé dans le secteur d’activité de l’élevage d’ovins et de caprins en France
(2) Association pour le Développement des Échanges internationaux de produits et techniques agro-alimentaires créé en 1977avec le Ministère français de l’Agriculture.

Reconduction du soutien du Conseil départemental des Hauts-de-Seine

Depuis 13 ans, le Conseil départemental des Hauts-de-Seine, dont Patrick Devedjian était le président, apporte son soutien financier au programme agro-pastoral du Tavush. Après son décès, son successeur, Georges Siffredi a souhaité poursuivre cette aide. Le 21 février 2021, le Conseil départemental a voté le renouvellement de sa convention avec la région du Tavush et la subvention de500 000€/an attribuée au Fonds Arménien de France (lequel, dans le cadre du Phonéthon, apporte, pour sa part, une contribution de 300 000 €/an à ce programme).

Une région entre le marteau et l’enclume

Après la dernière guerre et suite aux incursions répétées des Azerbaïdjanais depuis mai dans les villages frontaliers du Syunik, le Fonds Arménien de France a décidé d’intervenir dans la région afin de permettre aux habitants de rester sur leurs terres et de les exploiter pour vivre dignement.

Depuis la fin de la guerre des 44 jours et avec la perte de la région du Kashatagh, la région du Syunik se trouve prise en étau entre le Nakhitchévan à l’Ouest et l’Azerbaidjan à l’Est. Malgré les accords de cessez-le-feu, les Azéris continuent à exercer une pression psychologique sur les populations locales en prenant pour cible les paysans ou en tentant des incursions.

C’est dans ce contexte tendu que le Fonds Arménien de France a rapidement décidé de monter une équipe locale afin d’apporter son soutien aux habitants des villages frontaliers. Composée d’Aram Kayayan et de Jean-Armand Komchouyan, tous deux venus de France, résidants dans la région, l’équipe a été immédiatement opérationnelle. En parallèle une mission a été conduite en mai 2021 par Seda Mavian et Claude Sarian, puis une seconde en juin par Françoise Ardillier-Carraset Suzanne Senellart, accompagnées de Souren Kévorkian, afin d’établir un état des lieux, de rencontrer les habitants, et d’évaluer les besoins. L’objectif principal de l’action à mener, ainsi que le confie Françoise « est de maintenir les habitants sur place dans leur village et de leur fournir une aide pour l’agriculture, l’accès à l’eau et la production alimentaire ».

L’économie du Syunik reposait jusqu’alors principalement sur l’élevage extensif traditionnel (vaches, moutons…). Suite à la perte des terres et peu à peu du bétail (volé parles Azéris, vendu à bas prix après la guerre,…), la conclusion a été de se tourner vers une agriculture diversifiée basée sur des céréales, des fruits, des légumes et un petit élevage de proximité. La demande des villageois, principalement des anciens combattants et des blessés de guerre, a été très précise : des poules, des arbres fruitiers, des ruches, des serres, des barbelés pour clôturer les champs.

Les premières actions ont été menées dans l’agglomération rurale de Tegh qui compte 5 597 habitants répartis sur 6 villages frontaliers de l’Azerbaïdjan : Khosnavar, Vaghatur, Khnatzakh, Tegh, Aravus, Kornidzor.

L’ÉLEVAGE FAMILIAL DE VOLAILLES

Pour Jean-Armand : « Le défi aujourd’hui est de faire en sorte que les gens qui ont toujours vécu grâce à l’élevage passent désormais à une culture de proximité ou à un élevage de basse-cour ». Selon Françoise, géographe, « donner des poules permet d’aider à la sécurité alimentaire (œufs + viande + reproduction +vente) ». La distribution de poules pondeuses et de coqs s’est opérée à partir de mai dans 3 villages proches les uns des autres : Khnatzakh, (800 habitants) : 1 300 poules et coqs aux familles. A Khosnavar (360 habitants), et à Vaghatur (350 habitants) : 700 poules. Dans ce village, Suzanne a longuement parlé avec Arthur Mirzoyan dont la capacité de résilience est exemplaire.

Blessé de guerre -amputé d’une jambe –il n’a pas hésité à se joindre spontanément à la distribution des volailles. « Dernièrement, il a remis en état la route du village, pleine de caillasses, en aplatissant la surface avec son tracteur». Avant la guerre, il possédait des vergers d’arbres fruitiers, un grand potager et un cheptel dont il a perdu la moitié. « C’est le personnage clef du village, énergique, démontrant une belle solidarité avec les autres. Avant la guerre, il avait rénové l’école (43 élèves) à ses frais ! ».

LA DISTRIBUTION D’ARBRES FRUITIERS

Depuis 2016, le Fonds Arménien de France a distribué 105 000 plants d’arbres en Arménie.Cela a apporté des revenus complémentaires aux familles et permis de créer de petites entreprises.

Sur ce modèle, 700 plants d’arbres fruitiers ont été distribués en juin à Khnatzakhet ses villages environnants : Nerkin Khndzoresk, Vaghatur et Aravus, d’abord « Pour établir le contact et montrer aux habitants qu’on ne les oublie pas », commente Jean-Armand.

A Aravus, une serre de tomates de 100 m2 pour Anoushavan va être installée et fabriquée par les élèves de l’EPYM de Stépanakert. A Tegh, la clôture du terrain de Samvel a été restaurée.

LA DISTRIBUTION DE RUCHES

Daniel Danielyan, apiculteur, établi dans le Kashatagh avant la guerre, recueillait 20 kg de miel par ruche et par an. Il s’est installé à Tegh (2 160 habitants) avec seulement 30 ruches qu’ila pu transporter. 25 ruches lui ont été fournies par le Fonds Arménien de France et cet ajout lui permettra, comme il le dit « d’embaucher pendant la haute saison et de réduire le phénomène d’émigration car de nombreuses personnes ont perdu leur emploi ».

A Nerkin Khndzoresk, 25 ruches ont été données à Narek, pour assurer la viabilité de son exploitation. Narek a été fait prisonnier des Azéris dans de terribles conditions etre lâché. Il vit désormais dans ce village et veut poursuivre sa profession d’apiculteur.

Ces actions ont comblé les villageois mais la question vitale est celle de l’eau, notamment dans les villages de Vaghatur, de Yeghvard, d’Aravus, de Tegh et de Khnatsakh. Les rapports de mission de Françoise Ardillier-Carraset Suzanne Senellart sont unanimes : « Le développement de ces villages est véritablement bloqué par l’impossibilité technique d’avoir de l’eau pour irriguer. Ce n’est pas nouveau, mais avec la nouvelle configuration frontalière et le rétrécissement de l‘espace vital cela devient une obsession et une urgence ». A Vaghatur, pénurie partielle d’eau potable à cause de la vétusté des canalisations ; à Yeghvard, la source est à 1 km de la frontière et « une installation de pompage et de distribution sous pression est décisive pour des projets agricoles » ; à Aravus,la pénurie d’eau est permanente mais « si le système de prélèvement /stockage/distribution est réparé depuis la source, il y aura assez d’eau pour le village » ; à Tegh, « la conduite d’eau,bombardée en 1990 n’a jamais été restaurée »et les travaux de réparation sont lourds. A Khnatsakh, des travaux financés par le gouvernement sont en cours pour restaurer le réseau de distribution. A Aravus, un petit projet pour apporter de l’eau potable aux familles a été validé par le Fonds Arménien de France. Il est en cours de réalisation.

LA CAMPAGNE D’AUTOMNE

Le mois d’août a vu le renforcement de l’équipe opérationnelle par l’embauche de Vahagn Dosturyan, vétérinaire, d’Arthur Mirzoyan et de Seda Mavian qui devient coordinatrice du programme. La campagne pour les récoltes de blé, de foin, de maïs a été amorcée : des semences de blé à Yeghvard (en septembre) et à Kornidzor (en octobre). C’est un village à fort potentiel en eau d’irrigation qui possède400 hectares irrigables et « les terres cultivables bénéficient de l’horizontalité du plateau volcanique, ce qui permet des grandes zones de culture : 340 ha de blé/orge 20-30 ha de foin».

A Yeghvard, situation favorable aussi : « Tous les ans ici, sur 200 ha, il y a production de blé,d’orge, de sainfoin. Les paysans demandent des semences ». Aram et Jean-Armand poursuivent le recensement des terres arables dans les villages et des besoins en semences. Le Fonds Arménien de France est prêt à acheter des motoculteurs pour permettre de labourer les champs.

LES ARBRES FRUITIERS

Des plants supplémentaires seront distribués. Outre la consommation et la vente des fruits, des expériences de séchage sont en cours à Vorotan, remarque Suzanne, car « un bricoleur de génie, agronome et spécialiste des fontaines, peut fabriquer de petits appareils de séchage, à usage familial ». Autour de Tegh, Suzanne précise que « les villages considèrent le développement de vergers, pour produire les denrées à plus forte valeur ajoutée (noisettes,noix, fruits secs…) dont la demande est dynamique, le marché en croissance, et l’exportation possible ». Le climat est adéquat pour les fruitiers. Certains villages possèdent des atouts comme Yeghvard, à 1 300 m d’altitude, où « Il y a 10 ha dans le village, à 600 m d’altitude, en contrebas avec un projet de plantation de vigne, et de fruitiers (poiriers,pommiers, grenades, kakis) » et Vaghatur, qui dispose d’eau sur place.

LES SERRES

A Yeghvard, précise Françoise « le manque de terres pour l’élevage et pour la production céréalière et fourragère peut être compensé en partie par des réalisations moins gourmandes en surface, comme les serres ». A Tegh, « la plupart des parcelles du village sont, soit en altitude, soit peu fertiles. La perspective serait de développer la culture sous serre : elle procure un travail pour les femmes, des cultures intensives, des récoltes, des semis, et de la vente ».

Ces actions vont se répéter dans des dizaines de villages. Des projets différents mais capables d’assurer un minimum vital sont à l’étude, à partir de la créativité et de l’ingéniosité des habitants : la production d’herbes culinaires et médicinales à Khornidzor, la création d’un bassin de pisciculture pour un ex-combattant et d’un atelier de couture pour femmes à Vorotan, des petits élevages de porcs à Yeghvard, un projet de modernisation de la fromagerie de Youra et le développement de vergers de noyers à Nerkin Khndzoresk ….

ET DEMAIN ?

Ces actions réalisées dans l’urgence et à moyen terme ne doivent pas s’arrêter là, selon Michel Pazoumian car « au regard de la situation,elles exigent que soit planifiée une stratégie globale de développement agricole diversifié pour le Syunik sur plusieurs années du type de ce qui a été fait pour le Tavush ».

Il préconise de « lancer des études de cadrage réalisées par des experts internationaux pour que les bailleurs de fonds puissent être sensibilisés sur les priorités de développement.

Elles sont de trois ordres : l’eau (potable et irrigation), les terres arables et les ovins (du fait de l’existence du marché iranien). En parallèle, il faut mettre en place une coordination entre les acteurs nationaux : le gouvernement arménien et ses ministères concernés par l’agriculture (celui de l’équipement et celui de l’économie), la préfecture de Kapan et la fondation Himna Tavush. Une fois que les ministères auront validé les projets d’étude, le gouvernement se tournera vers les bailleurs de fonds pour demander des financements ».

Le travail au Syunik est loin d’être terminé.

C’est un grand chantier ! Mais avec le soutien de tous, il est réalisable.
Marie-Anne Thil

420 TONNES DE SEMENCES

Séda Mavian, en mission au Syunik du 30 août au 6 septembre, a coordonné l’action des membres de l’équipe locale.
Ensemble ils ont visité 17 villages de Khoznavar au nord, à Shikahogh au sud de Kapan, afin de lancer une action agricole majeure en coordination avec le gouvernement arménien : fournir 420 tonnes de semences de blé à 1 368 familles des villages frontaliers. Le coût de cette opération représente un investissement de 197 000 € pour le Fonds Arménien de France. Les récoltes sont attendues à l’été prochain.

SYUNIK : UNE ÉQUIPE DE CHOC !

Devant l’urgence de la situation dans la région du Syunik, le FondsArménien de France a rapidement mis en place une équipe salariée enArménie, en charge de la partie opérationnelle. Cette équipe estsoutenue par des bénévoles en France, membres du Fonds Arméniende France ou consultants indépendants.

EN ARMÉNIE
Seda Mavian, coordination et suivi des projets
Souren Kevorkian, conseil, suivi des projets et financements
Aram Kayayan, chargé de mission villages basé à Goris
Jean-Armand Komchouyan, chargé de mission villages basé à Goris
VahagnDosturyan, vétérinaire, chargé de mission villages basé à Goris
Artur Mirzoyan, chargé de mission basé au village de Vaghadur

EN FRANCE
Michel Pazoumian, coordination des équipes et relations institutionnelles
Christophe Dossikian, co-coordination, conseil, suivi des projets
FrancoiseArdillier-Carras, géographe, conseil, suivi des projets, mission terrain
Suzanne Senellart, conseil, suivi des projets, mission terrain
Mihran Kurkdjian, conseil, suivi des projets
Claude Sarian, conseil, suivi des projets, mission terrain
Serge Carcian, conseil, suivi des projets et relations institutionnelles
Xavier Chukurian, conseil, suivi des projets

Les Arméniens du Liban ont besoin de nous

La situation dramatique qui prévaut au Liban ne peut pas nous laisser indifférents.
La liste des malheurs qui s’abattent sur ce pays ne cesse de s’allonger : effondrement de l’économie et de la monnaie, explosion meurtrière et dévastatrice au port de Beyrouth, pénuries permanentes d’électricité, …
Le pire, c’est que le système politique, basé sur le confessionnalisme et le clanisme, offre peu d’espoir de réforme.

La corruption est profondément ancrée dans les mœurs de la classe politique.

Pour la population libanaise livrée à son sort, c’est le sauve-qui-peut. L’exode s’est accéléré : un tiers des médecins sont déjà partis, un cinquième des infirmières. Selon la Banque mondiale, 78 % de la population vit maintenant dans la pauvreté.

La communauté arménienne du Liban n’échappe pas à ces malheurs. Ses membres souffrent. Beaucoup sont plongés dans la misère. Ses institutions sont frappées : les sièges du Catholicossat de la Grande maison de Cilicie et du Patriarcat des Arméniens catholiques sont au Liban. La communauté de ce pays compte aussi deux séminaires religieux, dix sept écoles, la seule université arménienne de la Diaspora, un musée du Génocide à Byblos, des orphelinats, des hospices pour malvoyants et pour personnes âgées, un sanatorium, des journaux et des maisons d’édition, etc.

Le Fonds Arménien, dès le début de la crise, a apporté au Liban une aide qui, comme à Alep, lorsque cette ville vivait dans l’insécurité née de la guerre civile syrienne, s’est concentrée sur les écoles. L’aide à Alep et au Liban figure au nombre des projets dont le financement est assuré par les Phonéthons. Il en sera de même cette année encore. Ainsi, le Fonds Arménien de France envoie systématiquement une assistance financière de 100 000 €/an destinée aux écoles. Cette année, la branche américaine du Fonds a consacré de son côté 1 million de dollars au Liban : 300 000 dollars sont consacrés aux écoles, le reste ira aux familles les plus dépourvues de moyens. Les parents ne peuvent plus payer les frais de scolarité de leurs enfants. La communauté arménienne du Liban a donc décidé de rendre gratuit l’accès aux écoles cette année. Elle fait un pari audacieux : que l’aide qu’elle recevra lui permettra de relever ce défi.

Les Arméniens du Liban et de la Syrie ont beaucoup donné à la Diaspora. Leurs ressortissants sont allés vivifier des communautés qui en avaient grandement besoin. Beaucoup d’enseignants et d’enseignantes de nos écoles en France comme aux États-Unis ou au Canada, et ailleurs en Diaspora, ont été formés dans les écoles de Syrie et du Liban. A nous de« renvoyer l’ascenseur ».
Bédros Terzian

Soutien aux écoles arméniennes de France

5% des recettes du Fonds Arménien de France (hors dons dédiés) sont consacrés aux écoles arméniennes de France afin de les aider pour la construction, l’agrandissement ou l’équipement des bâtiments. Deux projets de construction, l’école maternelle d’Alfortville et l’école quotidienne de Valence, ainsi que les écoles Tebrotzassère du Raincy et Hamaskaïne Tarkmantchatz d’Issy-les-Moulineaux, sont les dernières en date à avoir bénéficié de cette aide.

L’école est l’instrument indispensable à l’apprentissage de la langue et de la culture. Cela est encore plus vrai au sein de la diaspora arménienne de France où la cellule familiale n’est plus en mesure d’assurer une transmission de la culture et de la langue arméniennes sur le long terme. De plus, acquérir une double culture dès le plus jeune âge donne aux enfants des aptitudes supplémentaires pour d’autres apprentissages. Posséder une double culture est une richesse et leur donnera des facultés d’adaptation utiles dans le monde dans lequel nous vivons. Ces quelques réflexions sont suffisantes pour motiver un projet d’école.

L’école maternelle Kevork Arabian bénéficie d’un contexte très favorable à Alfortville. C’est une ville de la région parisienne qui regroupe une communauté arménienne importante sur une étendue limitée, ce qui favorise la fréquentation d’une école quotidienne. Celle-ci existe depuis 1978, d’abord avec des classes de maternelle puis de primaire et d’un collège ouvert en 2015. Résultat : la croissance de 50% des effectifs qui sont passés de 200 à 300 élèves environ, entre 2014 et 2020. Cette dynamique risquait néanmoins d’être interrompue parce que les classes de maternelle étaient saturées et parce qu’elles ne satisfaisaient plus aux normes actuelles. C’est pourquoi la construction d’un nouveau bâtiment a été initiée en 2019.

L’école quotidienne Kevork Arabian de Valence est un groupe scolaire trilingue à la pédagogie innovante assurant un enseignement de la langue, de l’histoire et de la culture arméniennes tout en suivant strictement les programmes de l’Éducation Nationale. Il apportera également une nouvelle dynamique à la communauté arménienne de Valence, le nouveau bâtiment incluant un espace culturel polyvalent adjacent à l’école.

L’école Tebrotzassère, née il y a 142 ans à Ortaköy dans la banlieue d’Istanbul, est installée depuis 1928 au Raincy. Le bâtiment principal, un imposant édifice du 19e siècle, centre névralgique de l’établissement qui abrite les bureaux de la direction et de l’administration, les salles de classes du primaire et du collège, le réfectoire, la salle informatique et la bibliothèque, doit être rénové.

L’école Hamaskaïne-Tarkmantchatz a ouvert ses portes en 1996 à Issy-les-Moulineaux et accueille 121 élèves. Comme toutes les autres, elle a vécu une année 2020 difficile qui a vu se cumuler la baisse drastique des dons réguliers. Elle subit aussi l’apparition de nouvelles charges liées à l’application de protocoles sanitaires nécessitant des travaux de réfection, sécurisation, mise aux normes et rénovation.

Alors que la tendance générale est à la fermeture des écoles arméniennes au Moyen-Orient, les efforts conjugués des écoles (associations gestionnaires, enseignants), des parents d’élèves, le soutien de mécènes tels M. Kevork Arabian et l’appui du Fonds Arménien de France, permettent ces réalisations pour donner une éducation de qualité aux enfants tout en assurant l’apprentissage de la langue et de la culture arméniennes.
Raffi Hekimyan

958 000 €
C’est le montant versé par le Fonds Arménien de France aux écoles arméniennes de France depuis sa création.

ÉCOLE MATERNELLE KEVORK ARABIAN – ALFORTVILLE
100 000 € pour la construction de la maternelle

L’Association pour la promotion de la culture arménienne en France (APCAF) présidée par Mgr Norvan Zakarian, est le porteur et le gestionnaire du projet, essentiellement financé par M. Kevork Arabian. Le financement du Fonds Arménien de France est issu du fruit du legs de Madame Jacqueline Galostian.
Le nouveau bâtiment se situe en face du collège et de l’école actuels. Il comportera 7 classes qui permettront quasiment de doubler la capacité d’accueil de la maternelle. Les fondations du bâtiment ont été calculées afin de pouvoir construire un niveau supplémentaire pour augmenter la capacité de l’école primaire. Le bâtiment d’un coût de 3,2M € devrait être achevé pour la rentrée 2023.

ÉCOLE TEBROTZASSÈRE – LE RAINCY
50 000 € pour la rénovation de l’école

Les années passant, l’école doit aujourd’hui procéder à la rénovation du bâtiment principal, notamment au niveau des toitures (travaux réalisés durant l’été 2021), des planchers, de certaines fondations, de l’assainissement et effectuer des travaux de ravalement. Le projet, d’un coût de 590 000 €, est porté par l’Association des Dames Arméniennes Amies des Écoles Tebrotzassère, en charge de la gestion de l’école depuis sa création. La participation du Fonds Arménien de France est issue du fruit du legs de Madame Jacqueline Galostian. Une campagne de levée de fonds lancée par l’école a permis de recueillir 72 000 € dont 31 300 € en un seul week-end (3-4 juillet 2021), grâce à l’association ABACA qui regroupe des parents d’élèves.

ÉCOLE HAMASKAÏNE TARKMANTCHATZ – ISSY-LES-MOULINEAUX
15 000 € pour les frais de sécurisation

Des travaux de réfection du sol de la cour des maternelles ont été réalisés à l’été 2020. A l’automne, dans le contexte de guerre en Artsakh, des travaux de sécurisation ont été entrepris. Des travaux de mise aux normes doivent être effectués (issue de secours, traversées coupe-feu, remise aux normes électriques) ainsi que la rénovation d’installations d’eau défectueuses.
Coût global du projet : 53 390 €.

ÉCOLE QUOTIDIENNE KÉVORK ARABIAN – VALENCE
100 000 € pour la construction de l’école

Ce projet d’envergure a été initié en 2015 par l’AGEFAV (Association de Gestion de l’École Franco-Arménienne de Valence), qui est l’organisme chargé de la gestion pédagogique et administrative de l’établissement. La construction du bâtiment a été confiée au CCAV (Centre Culturel Franco-Arménien de Valence), co-présidé par Mgr Norvan Zakarian et M. André Hasbanian. Son financement doit beaucoup à la générosité de M. Kévork Arabian. La participation du Fonds Arménien de France est issue du fruit du legs de M. Gérard Hantchérian. Le cumul des financements a permis d’atteindre 1 600 000 € ; il reste 300 000 € à collecter pour boucler le projet de construction. Malgré le contexte sanitaire, la première rentrée a eu lieu au mois de septembre 2020.

Le Fonds Arménien accompagne la mission de l’APCAF

Le projet de construction de l’école maternelle d’Alfortville est piloté par l’Association pour la Promotion de la Culture Arménienne en France (APCAF), présidée par Mgr Norvan Zakarian, dont l’objet est de promouvoir et diffuser la culture, la langue et la civilisation arméniennes en France. L’APCAF a déjà à son actif la construction de 2 écoles arméniennes en France : l’école Markarian-Papazian à Lyon, le bâtiment du collège et de l’école élémentaire à Alfortville.
Mgr Norvan Zakarian intervient également en tant que co-président du CCAV dans la construction de l’école Kevork Arabian de Valence. Tous ces projets ont été soutenus par le Fonds Arménien de France.

Résultats DU PHONÉTHON 2021
En Direct
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