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Santé
Quand rééducation rime avec action

[26/01/2022] – Achod Papasian

Le 23 septembre dernier, le collectif Santé Arménie a inauguré le centre de réhabilitation de l’hôpital militaire Mouratsan d’Erevan, entièrement rénové et équipé afin d’assurer la prise en charge des soldats blessés. Rencontre avec Kariné Chahbazian et Tsorig Hagopian, deux des forces motrices impliquées dans la réalisation de ce projet, cofinancé par l’Oeuvre d’Orient, la ville de Lyon et le Fonds Arménien de France.

Plus de 11 000.
C’est le nombre de blessés que le conflit dévastateur de l’automne 2020 a fait dans les rangs de l’armée arménienne. Une réalité qui nécessite une prise en charge médicale importante afin de permettre la réhabilitation des soldats blessés, voire amputés. Dès la fin de la guerre, Tsorig Hagopian, jeune kinésithérapeute de France, rejoint un groupe nouvellement formé de rééducateurs au sein de Santé Arménie et se rend en Arménie pour dresser un état des lieux des besoins. « Nous avons constaté qu’il y avait beaucoup de centres de rééducation pour les patients chroniques sortis de l’hôpital, mais pas vraiment d’espace dédié à la rééducation pour les soins en aiguë, juste après l’opération, ou pendant toute la période d’hospitalisation », raconte-t-elle.

« De plus, les patients en Arménie ne peuvent aller en centre de rééducation que deux fois vingt-trois jours dans l’année, alors qu’au vu de la gravité des blessures de guerre, certains soldats devraient bénéficier d’un suivi continu pendant au moins six mois, à raison de deux séances par semaine. »

PREMIÈRE ACTION DU PÔLE RÉÉDUCATION

Le pôle rééducation de Santé Arménie est placé sous la direction de Kariné Chahbazian, neurologue à l’Hôpital de Bicêtre, près de Paris.
Pour sa première action, le collectif décide de se focaliser sur l’hôpital d’Erevan qui porte le nom du grand écrivain arménien Mouratsan (1854-1908).
Il s’agit de la principale clinique militaire où transitent la plupart des soldats.

Jamais rénové depuis l’ère soviétique, l’établissement est l’un des plus pauvres et des plus mal équipés de la capitale, et son service de rééducation est en piteux état. Santé Arménie développe alors un projet de rénovation et d’aménagement du plateau technique de rééducation afin de permettre la prise en charge adaptée des soldats handicapés. « La plupart des patients sont des hommes âgés de 18 à 30 ans », confie Kariné Chahbazian.
« Nous avons affaire à des blessures très complexes dues aux ondes de choc des explosions qui atteignent le système nerveux central (le cerveau, la moelle épinière), les membres, mais aussi les organes internes, sans parler des brûlures.
La rééducation doit donc être pluridisciplinaire, précoce et intensive. »

UN FINANCEMENT COLLÉGIAL

Grâce au cofinancement de la ville de Lyon, via une subvention de 30 000 € versée au Fonds Arménien de France, du Fonds Arménien de France lui-même, à hauteur de 10 550 €, et de l’Oeuvre d’Orient, à hauteur de 38 500 €, et de plusieurs associations et donateurs privés, les travaux de rénovation commencent au mois de mai 2021. Le 23 septembre 2021, le plateau de rééducation ouvre ses portes. L’espace est accessible aux personnes à mobilité réduite. Seront pris en charge les patients nécessitant une rééducation post-opératoire (traumatologie, orthopédie, neurologie…) ainsi que les patients en phase chronique (hôpital de jour).« Le matériel que nous avons commandé comprend tous les indispensables pour faire une rééducation physique digne de ce nom », explique Kariné Chahbazian. « Nous avons, entre autres, des barres parallèles pour travailler sur l’équilibre et la marche, un verticalisateur, des tables de kinésithérapie électriques et adaptables, une table bobath, des escaliers muraux et un miroir mobile. Nous avons également reçu trois appareils d’électrostimulation TENS et nous comptons acquérir d’autres dispositifs cyclomoteurs et arthromoteurs pour travailler passivement et activement sur les articulations en postopératoire. »

LA FORMATION AU COEUR DE L’ACTION

Parallèlement aux équipements, Santé Arménie a également pris en charge la question du personnel soignant. Ainsi, en plus de la kinésithérapeute déjà en poste, Santé Arménie rémunère désormais un second kiné, préalablement formé pendant six ans en France.
« L’idée, c’est que ce kiné ne coûte rien à l’hôpital pour l’instant et qu’il prenne gratuitement des patients qui sont hors cursus », indique Tsorig Hagopian. « A terme, notre objectif est qu’il soit embauché par l’établissement et qu’il puisse accueillir le maximum de patients, environ une dizaine par jour. »
Sur le plan de la formation, Santé Arménie envisage également d’organiser des missions régulières de kinésithérapeutes français auprès des praticiens de l’hôpital. Une initiative qui a vocation à s’étendre aux autres centres de réhabilitation de la capitale et à établir un lien pérenne avec le corps médical arménien.

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