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Les Actus

Le Liban au bord du précipice

[08/07/2020] – Fonds Arménien de France

En défaut de paiement de sa dette publique de 92 milliards de dollars (178 % du PIB) depuis le 7 mars, le Liban traverse une crise économique et financière gravissime. Depuis octobre 2019, le pays connaît un vaste mouvement de contestation populaire sans précédent marqué par des manifestations monstres réunissant des citoyens de tous bords et de toutes confessions, un phénomène rare dans ce pays. Au plus fort de la contestation, et alors que la crise économique se doublait d’une pénurie de devises, la Banque mondiale a estimé que vers le printemps, près de 50 % de la population libanaise (4,5 millions de personnes) aurait basculé sous le seuil de la pauvreté.
Cette proportion a sans doute été largement dépassée depuis l’arrêt presque total de l’activité économique, provoqué par les mesures prises pour freiner la progression du coronavirus. Conséquence de la flambée des prix, de la dépréciation de la livre libanaise dont la valeur, sur le marché des changes, a été divisée par presque trois, le pouvoir d’achat des Libanais s’est effondré ; d’autant plus inquiétant que les produits de consommation courante sont pour la plupart importés.

Dans ce marasme, la communauté arménienne tente de survivre. Des mécanismes traditionnels de solidarité et d’aides se sont mis en place à titre associatif et individuel. Des organismes comme la Croix Bleue sont aux premières loges, mais la demande a littéralement explosé.

Faute de revenus depuis la mise en place du confinement le 15 mars dernier, de nombreuses familles arméniennes sont en grande difficulté pour se nourrir convenablement. Pour les principales structures communautaires arméniennes du Liban, ce virus a été  le coup de grâce. Les distributions de colis alimentaires suffisent à peine à pallier les besoins des familles les plus nécessiteuses. « Nombreuses sont les familles qui n’ont pas les moyens de recevoir des soins médicaux », s’inquiète Aharon Shekherdemian, journaliste. Il se félicite que l’appel du Catholicos de la Grande Maison de Cilicie Aram Ier ait été suivi par l’ensemble des partis politiques et de leurs structures affiliées.

C’est ainsi que les partis traditionnels, l’UGAB et d’autres associations caritatives ont mis en place un « front de lutte contre le Coronavirus » afin de secourir les plus démunis. Jadis poumon de la diaspora, le pays du Cèdre se vide de ses Arméniens. Si les chiffres de l’émigration ne nous sont pas connus, son ampleur ne fait aucun doute.