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Les Actus

Autodétermination
édito Bédros Terzian

[26/01/2022] – Bédros Terzian

Pourquoi investir en Artsakh, alors que la question de son statut politique final n’est pas encore tranchée ? Voilà une question que l’on nous pose parfois lorsque nous exposons nos projets en Artsakh : logements, routes, eau, agriculture…
Spontanément, nous évoquons les besoins urgents de la population sur le terrain : l’isolement, le manque d’eau, les champs délaissés. Comment rester sourd à l’appel de ces femmes et de ces hommes qui ont déjà tant souffert et qui, malgré toutes les difficultés, veulent rester sur leurs terres ?
Nous avons pour devoir de les aider. Mais cette raison à notre solidarité, pour vraie qu’elle soit, exige d’être complétée par une explication plus fondamentale.
Cette explication tient en un mot : autodétermination. Faire respecter le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est l’un des deux principaux « buts » assignés à l’ONU par sa charte (Article 1.2), l’autre étant la sauvegarde de la paix dans le monde. Le respect de l’intégrité territoriale des États, qui vient plus loin dans sa Charte, (Art. 2.4) constitue l’un des principes qui doit conduire à la « poursuite des buts ». Beaucoup de juristes internationaux expliquent cette hiérarchie favorable au droit à l’autodétermination par le contexte colonial qui prévalait lorsque la charte de l’ONU a été signée, en juin 1945. Soit, mais qu’était donc l’URSS, qui s’est effondrée en 1991, sinon un empire colonial ?

L’autodétermination reste ainsi le principe fondamental du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il s’exerce généralement par référendum. Mais pour qu’il puisse s’exercer, le citoyen, l’électeur doit vivre sur sa terre. Ainsi, le Nakhitchévan, qui a été également rattaché à l’Azerbaïdjan sous Staline, ne compte plus un seul Arménien : l’épuration ethnique a réglé la question de son statut. Les Arméniens de l’Artsakh ont pu, eux, résister à la désarménisation de leur territoire à l’époque soviétique. Et dès qu’ils en ont eu la possibilité, ils se sont exprimés par référendum (décembre 1991) : ils ne veulent pas du joug azéri.
Trente ans plus tard, la question du statut de l’Artsakh reste posée. Or, en aidant les personnes déplacées par la « guerre des 44 jours » à retourner en Artsakh et en fournissant à tous les Artsakhtsis les moyens de vivre sur leurs terres, nous contribuons concrètement à leur donner la possibilité d’exercer leur droit à disposer d’eux mêmes.
Chaque euro investi en Artsakh est une pierre apportée à l’édifice de son indépendance et de son existence.

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